Jean Rigolejaune

ARTiviste

Le bug sociétal.

2021

Acrylique et gesso sur cire et bois.

61 x 42 x 25 cm. 3,5 kg.

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"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", Jacques Chirac, 2 septembre 2002.

Les constats de perte de biodiversité, de dérèglement climatique, de raréfaction des ressources naturelles, de pollutions, d'accumulation de déchets, existent depuis des décennies, ainsi que la connaissance que ces phénomènes ont le pouvoir de compromettre de manière irréversible l'habitabilité de la planète.

Pourtant, notre société reste encore fondamentalement bloquée sur un mode de fonctionnement consumériste, productiviste, matérialiste, individualiste, polluant, qui privilégie la consommation effrénée et le gaspillage, les intérêts court-termistes et les plaisirs éphémères. La croissance économique reste le projet prioritaire des milieux politiques et économiques, et l'augmentation du pouvoir d'achat semble la préoccupation principale des individus.

Pourquoi ?

- Notre démocratie représentative, de part le processus d'élection de ses dirigeants, semble mettre au pouvoir des personnes intrinsèquement stimulées par la conquête, la domination, et incitées à avoir une vision court-termiste. Par ailleurs, le fait qu'il y ait un faible nombre de décideurs, rend ceux-ci facilement influençables par des groupes de pression aux intérêts financiers et sociaux différents de l'intérêt général. Une façon d'y remédier pourrait être de faire prendre chaque décision sociétale structurante par une assemblée de citoyens tirés au sort et éclairés par des scientifiques, comme cela a été fait avec la convention citoyenne pour le climat de 2019.

- Actuellement, l'aspect financier est prévalent dans la prise de décision entrepreneuriale et politique, ce qui incite au productivisme, à la surexploitation, et à la destruction du Vivant. D'autres indicateurs de performance devraient plutôt être considérés : le taux d'emploi, la santé, la biodiversité, la qualité de vie, les inégalités, l'éducation, … Et les projets devraient désormais être financés en proportion du bien-être apporté au Vivant.

- Une grande partie de nos désirs nous sont fortement suggérés par la publicité et la fiction. Réguler la publicité, promouvoir un mode de vie sobre, informer sur la gravité de la situation écologique, retisser les liens avec le reste du Vivant, auraient le pouvoir de déplacer nos désirs vers des comportements soutenables, épanouissants, et respectueux de notre planète.

Homo consommatus.

2021

Mini chariot, acrylique et gesso sur cire et bois.

60 x 40 x 28 cm. 2 kg.

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Pour une part grandissante de l'humanité, la consommation joue un rôle central comme norme de vie réussie. Cette consommation, moteur de la croissance économique et du système capitaliste, est entretenue pour être insatiable, individualiste, et axée sur la nouveauté et le plaisir.

La Terre est alors perçue comme une réserve, un moyen, et des ressources que l'on soumet, pour obtenir des aises individuelles qui priment sur l'intérêt de la communauté et du reste du vivant.

Ne serait-il pas plutôt temps d'esquisser une société juste et viable, qui démocratiserait la satisfaction des besoins primaires, proposerait des biens durables et réparables, et axerait la réussite sur la qualité des liens tissés avec les autres vivants ?

L'égo est un je de destruction.

2021

Briques de construction sur bois.

100 x 40 x 5 cm. 2,7 kg.

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Le besoin de reconnaissance de la part de nos semblables est l'un de nos besoins humains fondamentaux. Chez certaines personnes cependant, il prend des formes disproportionnées, voire maladives. Frustré, un besoin égotique démesuré peut alors chercher compensation dans des modes de consommation tapageurs, dans l'humiliation ou le mépris d'autrui, dans la recherche excessive de gloire, d'argent ou de pouvoir. Une excitation éphémère s'ensuit, qui laisse rapidement place à de la frustration ou du mal-être, résorbé à nouveau par la recherche d'une excitation de niveau supérieur.

Cette démesure, associée aux valeurs de puissance et de domination, a un impact direct sur l'empreinte écologique. La crise du Vivant se lie ainsi en partie à une crise de l'égo, ce qui rend sa résolution si difficile.

À la joie d'avoir, largement glorifiée par la publicité et la fiction, devra être préférée la joie d'être, en lien avec soi-même et avec les autres vivants: plus durable, profonde, positive et pourvoyeuse de sérénité.

NB: un tableau frère a été réalisé collaborativement lors d'une soirée "Kermesse du Climat": "L'égo est un je torride avec le climat".

Tirer toute la planète à soi.

2021

Acrylique et gesso sur cire et bois.

120 x 40 x 20 cm. 6 kg.

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La plupart des écosystèmes exploités par l'Homme ne le sont pas de façon durable. Ils sont surexploités, c’est-à-dire que le prélèvement dépasse la capacité de la ressource à se reconstituer naturellement. S'ensuit des écosystèmes qui n'arrivent plus à rétablir leurs équilibres, des espèces qui disparaissent, et des conséquences écologiques et sociales imprédictibles.

Un seul antidote : ralentir, consommer peu, répartir mieux, retisser les liens avec le Vivant.

Homme politique contemporain.

2020

Vêtements, acrylique et gesso sur cire; bac à sable; pastel sur bois.

40 x 20 x 20 cm. 6 kg.

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L'inaction politique face aux déferlantes qui érodent la vie sur Terre est criante. Agir avec raison nécessiterait d'opérer un changement de vision du monde :

  • en reconnaissant la réalité du désastre écologique, et sa cause première : l'anthropocentrisme, rendu destructeur par un déploiement techno-scientifique massif.

  • en entrant dans une ère de sagesse et non plus de conquête, de partage et non plus de combat, avec l'objectif d'assurer le bien-être du vivant et non plus la croissance économique.

On a marché sur la Terre.

2020

Pastel, acrylique et gesso sur cire et bois.

61 x 30 x 15 cm. 1,5 kg.

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Le jour du dépassement de la Terre correspond à la date de l’année à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an.

Son calcul est le rapport entre:

1. la capacité de production biologique de la planète.

2. l’empreinte écologique, qui est l'indicateur qui comptabilise la pression exercée par les hommes envers les ressources naturelles et les services écologiques fournis par la nature. Plus précisément, cette empreinte mesure les surfaces alimentaires productives de terres et d'eau nécessaires pour produire les ressources qu'un individu, une population ou une activité consomme, et pour absorber les déchets générés, compte tenu des techniques et de la gestion des ressources en vigueur.

Alors qu'en 1970 la date de dépassement mondial était le 29 décembre, elle est passé au 29 juillet en 2019.

Pour la France, elle est le 3 mai. Autrement dit, il faudrait 2,9 Terre si toute l'humanité vivait comme les Français.

Le progrès social en marche.

2020

Autocollants, chaussure sur bois.

40 x 40 x 20 cm. 1,5 kg.

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Liberté, égalité, fraternité. Ces trois valeurs fondatrices de notre République sont depuis quelques dizaines d'années mises à mal (et de façon encore plus intense ces dernières années *).

Ces reculs se font au profit d'une autre valeur fondamentale : l'opposition créatrice, aussi bien dans la sphère économique (libre concurrence), qu'idéologique (garantie du pluralisme des opinions, des mœurs et des croyances), et politique (garantie du pluralisme des partis; séparation de l'exécutif, du législatif, et du judiciaire).

Le libéralisme originel s'identifie à ce principe d'opposition créatrice; alors que l'anarchisme privilégie la liberté, le socialisme l'égalité, et le communisme la fraternité.

Or l'histoire a montré que lorsque chacune de ces doctrines se focalise trop exclusivement sur son principe central et méconnaît l'importance des autres, elle échoue à se maintenir légitime et éthiquement acceptable. Ainsi, l'idéal communiste de fraternité tend à dégénérer en totalitarisme, l'idéal socialiste de solidarité et d'égalité tend à se transformer en étatisme, l'idéal anarchiste de liberté tend à se dégrader en nihilisme, et l'idéal libéral tend à s'atrophier en économisme et en ploutocratie.

C'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui : notre système libéral tend à réduire son champ d'application à la seule concurrence économique, et ne valorise que l'individualisme. Il devient néolibéralisme, et se révèle être le pire ennemi du libéralisme originel, dans le sens où il ne tolère plus l'opposition créatrice des manifestations et grèves par exemple.

Aujourd'hui, il est plus que jamais nécessaire d'avoir une classe politique qui reconnaisse l'interdépendance des quatre valeurs, les tempère, et les équilibre les unes par rapport aux autres. Une cinquième valeur fondamentale devrait par ailleurs s'ajouter : le respect du Vivant.


*

- Recul des libertés : loi relative à la protection du secret des affaires (qui limite la liberté de la presse et amoindrit la protection des lanceurs d'alertes), augmentation de la pression sur l’indépendance des journalistes et l’indépendance de la justice (perquisitions, convocations), loi dite « anti casseurs » (qui interdit à de nombreuses personnes de manifester), répression inédite des manifestations avec des violences disproportionnées commises par les forces de l'ordre, état d’urgence contre le terrorisme (exception qui a été « normalisée » par une loi de 2017), état d’urgence sanitaire (mesures limitant la liberté d’aller et venir, de réunion et d’entreprendre), proposition de loi "sécurité globale" qui prévoit de punir la diffusion "dans un but malveillant" d'images de policiers..

- Recul de l'égalité : suppression de l'ISF, instauration d'une flat tax, baisse de l'imposition sur les sociétés. Et a contrario, diminution des indemnités de licenciement, baisse des APL, baisse des droits au chômage, baisse de la protection des salariés.

- Recul de la fraternité : ghettoïsation en quartiers bourgeois ou pauvres, sécession des personnes fortunées vers des pays à fiscalité laxiste, progression des discours intolérants et racistes.

Prière de s'essuyer les pieds avant d'entrer dans l'Anthropocène.

2020

Acrylique sur paillasson.

60 x 40 x 4 cm. 2,5 kg.

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L'Anthropocène est une époque de l'histoire de la Terre qui a été proposée pour caractériser la période durant laquelle l'influence de l'être humain sur la biosphère (ainsi que sur l’atmosphère, l’hydrosphère et la cryosphère) a atteint un tel niveau qu'elle est devenue une « force géologique » majeure capable de marquer durablement la croûte terrestre (la lithosphère).

L'écologie en marche.

2020

Chaussure, acrylique et gesso sur cire et bois.

40 x 40 x 20 cm. 1,5 kg.

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Certes il y a eu des avancées écologiques ces dernières années*. Elles ne semblent cependant malheureusement pas d'envergure à juguler les déséquilibres majeurs en cours: perte de biodiversité, dérèglement climatique, hausse des inégalités, pollution de l'air, de l'eau et des sols.

“Personne n’hésite à faire des choix profonds et radicaux quand c’est une question de vie ou de mort. C’est la même chose avec le risque climatique”. Ce sont pourtant vos mots Monsieur Macron.

* Augmentation du nombre de réserves naturelles sur le territoire pour atteindre 30% d’aires terrestres et marines protégées, annulation du projet minier Montagne d’Or en Guyane, fin de l’importation de produits agricoles issus de la déforestation d’ici 2030, réduction de moitié de l’utilisation de phytosanitaires d’ici 2025, réduction de la consommation d’énergies fossiles, arrêt de la production d’électricité à partir du charbon en 2022, hausse des prêts pour la rénovation énergétique des logements, lutte contre l'artificialisation des sols, lutte contre le plastique jetable, fin de l’élimination des invendus, Convention citoyenne pour le climat, ...

Indignons-nous !

2009

Pastel et gesso sur polystyrène et bois.

80 x 40 x 13 cm. 2,2 kg.

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Il y a actuellement plusieurs grandes raisons d'indignation : la perte de la biodiversité, le dérèglement climatique, la pollution de l'air, de l'eau et des sols, la hausse des inégalités (au niveau mondial mais aussi au sein d'un même pays).

Et en même temps, il y a aussi de bonnes raisons de ne pas s'indigner : notre manque de temps, notre crédit à rembourser, notre confort matériel, nos habitudes, notre fatalisme, notre résignation, ...

Pourtant, si nous voulons continuer à jouir d'un environnement sain, il devient essentiel d'infléchir l'hégémonie du système capitaliste dominant. Il a certes été le moteur de progrès scientifiques, techniques et humains considérables, mais il atteint ses limites en termes de soutenabilité écologique. Il y a des domaines que sa logique lucrative et privée ne devrait pas régir : les biens communs vitaux, écologiques (terres arables, forêts, eau, sources d'énergie...) mais aussi sociaux (protection sociale...), ainsi que la monnaie et le crédit.

Ce n'est qu'en faisant pression sur nos politiques que nous pourrons faire émerger une société dans laquelle le capitalisme ne serait plus qu'un des piliers, régulé selon des normes sociales et environnementales, à côté d'autres piliers (public, associatif, coopératif, libéral, ...), le tout financé par des banques socialisées en fonction du bien-être apporté au vivant.

Ça déborde !

2021

Sacs poubelle, acrylique et gesso sur bois.

30 x 30 x 35 cm. 1,6 kg.

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Actuellement en France, chaque habitant produit en moyenne 390 kg de déchets par an. Cette quantité s'élève à 590 kg si l'on considère les déchets déposés en déchèterie, et à 13,8 t en tenant compte des déchets industriels (BTP, agriculture, industrie). Ce à quoi il faudrait encore ajouter les déchets industriels produits dans les autres pays (en Chine par exemple) pour les produits consommés en France.

C'est deux fois plus qu'il y a 40 ans, et ce chiffre continue à croître.

Au niveau mondial, en 2015, sept à dix milliards de tonnes de déchets urbains ont été produites.

Il est par ailleurs estimé que 99% des ressources prélevées dans la nature deviennent des déchets en moins de 42 jours.

Les possibilités d'élimination de ces déchets montrent leurs limites, et l'accent doit maintenant être mis sur leur réduction à la source, en suivant le principe que le "meilleur déchet" est celui qu'on ne produit pas.


Sources :

Ademe.

CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets).

Institut de la durée.

Fragile.

2009

Pastel et gesso sur polystyrène et bois.

120 x 40 x 19 cm. 2,5 kg.

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La vie sur Terre repose entièrement sur le système atmosphère-océans-sols. Ces éléments sont malheureusement d'une extrême fragilité :

L’atmosphère a une épaisseur d’environ 600 km dans sa partie la plus épaisse. Si on représentait la Terre comme une pêche, l’atmosphère aurait l’épaisseur de la peau.

Les océans vont, quant à eux, jusqu'à une profondeur de seulement 11 kilomètres. Et l'épaisseur de l'humus est d'à peine quelques dizaines de centimètres.

La préservation de leurs salubrités est l'un des plus grands défis de notre époque.

La pounète bleue (mélange entre poubelle et planète, on ne sait plus trop).

2020

Sac poubelle, emballages, support de globe terrestre.

30 x 30 x 35 cm. 0,5 kg.

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La problématique des déchets est particulièrement critique concernant le plastique, qui contamine durablement les mers et les sols, avec une durée de vie entre 100 et 1000 ans.

Sa production mondiale a été de 360 millions de tonnes en 2018, et elle est en constante augmentation depuis une dizaine d'années.

9,1 milliards de tonnes de plastique ont été déjà produites dans le monde, et plus de la moitié de ce volume, soit 5,4 milliards de tonnes, a fini dans l’environnement.

Une étude* estime que seuls 9 % des déchets plastique sont recyclés et 12 % d’entre eux sont incinérés. Les 79% restant sont amoncelés dans des sites d’enfouissement ou déversés sur terres, mers et rivières sous la forme de détritus.

Pourtant, des solutions de réduction des déchets existent :

- au niveau individuel : consommer peu (sobriété, minimalisme), consommer sans emballage (potager, vrac, fait maison : cosmétiques, produits ménagers, repas, ...), composter les déchets organiques, acheter d'occasion, réutiliser, mutualiser, échanger, louer, emprunter.

- au niveau sociétal : réguler la publicité, inciter à l'écoconception (pour faciliter la réparation, la réutilisation ou le recyclage, et réduire en amont le volume et la toxicité des déchets), faire allonger la durée de vie des objets (garantie étendue, obligation de réparation), taxer la production des objets et emballages en plastique à usage unique, encourager les foyers au compostage domestique (distributions de composteurs, formations), mettre en place une tarification incitative des déchets, faciliter l'émergence de lieux d'économie circulaire (réutilisation, réemploi, vrac), éduquer.


Sources :

https://www.planetoscope.com/petrole/989-production-mondiale-de-plastique.html.

https://www.nationalgeographic.fr/environnement/91-des-dechets-plastiques-ne-sont-pas-recycles

* Étude parue en juillet 2017 dans la revue Sciences Advances, menée par une équipe de chercheurs des universités de Californie, Géorgie et de l’Institut Sea Education.

La dette emprisonne nos possibles.

2020

Pastel et gesso sur polystyrène et bois.

44 x 34 x 14 cm. 2,7 kg.

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Au niveau individuel, la liberté passe par le fait de choisir sa vie. Mais qui le peut encore vraiment, avec autant de nécessités financières court-termistes ?

Au niveau étatique, la dette, principalement aux mains de marchés financiers, permet aux créanciers d'un pays d'exiger une cure d'austérité et des réformes libérales, aux conséquences économiques et sociales élevées. L'exemple de la Grèce est éloquent : hausse du taux de chômage, baisse des salaires et retraites, incapacité pour une part croissante de la population de se soigner, etc.

Pourtant, ces situations ne pourraient-elles pas être évitées, si l’État, au lieu de se financer sur les marchés financiers peu soucieux de l'intérêt général, recourait à nouveau uniquement à des emprunts directement auprès des ménages et des banques ? Et si les banques étaient à nouveau nationalisées, pour garantir leur mission de financement, et non plus de gain ? Cela n'ouvrirait-il pas la possibilité d'une politique plus libre et humaniste, ne consistant plus uniquement à "rassurer les marchés financiers" ?

Publicité coca-collante.

2009

Pastel, gesso et bouteille sur polystyrène et bois.

80 x 60 x 21 cm. 3,5 kg.

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La publicité est un rouage majeur de notre société de consommation, qui permet aux entreprises d'écouler l'accumulation de biens produits.

Le marché mondial des dépenses publicitaires est actuellement de l'ordre de 600 milliards de dollars par an. Avec un budget de 3,9 milliards de dollars en 2016, Coca-Cola est le 13ème plus gros annonceur mondial, derrière notamment Samsung (11,2 milliards $), Procter & Gamble (10,5 milliards $), L’Oréal (8,6 milliards $), Unilever (8,5 milliards $), Nestlé (7,3 milliards $)....

Or, ces sommes colossales représentent bien plus d'argent qu'il n'en faudrait pour régler quelques-uns des objectifs de développement durable fixés par l'ONU *.

Alors chiche Coca-Cola, vous vous offrez la publicité de prévenir la pollution marine ou d'éradiquer la pauvreté dans le monde, plutôt que d'occuper des écrans publicitaires ?


* "17 objectifs pour transformer notre monde": https://www.agenda-2030.fr/odd/17-objectifs-de-developpement-durable-10

Sources :

https://www.equonet.net/Publicite-depense-record-de-coca-cola-au-cours-des-dernieres-annees_a4720.html

http://www.newsroom-publicismedia.fr/samsung-est-le-plus-important-annonceur-dans-le-monde-en-termes-de-depenses-publicitaires/?fbclid=IwAR3mVHVrBlO58BIFhI3fiSgbwApu6WaZ65ETNlgE1fku_F9ojmYf6SwJ9ZY

Une nécessaire nouvelle révolution copernicienne.

2009

Pastel et gesso sur polystyrène et bois.

120 x 40 x 30 cm. 3,4 kg.

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Au 16e siècle, réaliser que la Terre tourne autour du soleil et non l'inverse, a renversé la vision du monde et a permis de prodigieuses avancées.

Aujourd'hui, alors que nous estimons que le Vivant gravite servilement autour de notre Société, nous sommes, avec un peu de chance et de militantisme, à l'aube d'une nouvelle révolution copernicienne, consistant à placer le bien-être du Vivant au centre de gravité, et nos structures sociales autour.

Chacun de nos choix de Société pourrait alors être pris à la lumière de la réponse à la question "est-ce que cela nuit, ou non, au bien-être du Vivant dans son ensemble, pensé comme un tout ?"

Homme politique antisocial, tu perds ton sang-froid.

2009

Pastel et gesso sur polystyrène et bois.

40 x 40 x 24 cm. 1,3 kg.

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Quand la politique est au service d'un système économique capitaliste dérèglementé, elle est antisociale et casse des constructions fondamentales : le code du travail, les droits sociaux, la qualité de vie, la démocratie, le Vivant.

Le monde sent de plus en plus mauvais. Mais on s'en fout, on a inventé le parfum.

2012

Flacon, pastel et gesso sur polystyrène et bois.

120 x 60 x 18 cm. 3,7 kg.

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La croissance économique est une quête perpétuelle, obsessionnelle et aveugle des politiques récentes.

Or cette croissance est un simple critère de mesure de flux, ignorant des impacts sur la société. Cette situation est comparable à une baignoire dans laquelle on ne fait que mesurer l'arrivée d'eau, mais où ni la qualité ni le niveau de l'eau dans la baignoire ne sont pris en compte (Giarini et Stahel, 1990).

C'est ainsi que la destruction du Vivant et du Gratuit, en créant des nouveaux marchés lucratifs et des possibilités d'innovation pour remplacer ce qui jusqu'alors était offert, est un carburant de croissance, encouragé de ce fait par les politiques néolibérales.

Alors, avant que les services gratuits rendus par le Vivant ne soient anéantis, ne serait-il pas vital de réguler l'économie avec des normes sociales et environnementales strictes, et de la financer en proportion du bien-être apporté au Vivant, et non plus de sa potentialité de croissance ?

Opolluence (lien étroit entre opulence et pollution).

2021

Bouteille de champagne, tige de métal, ouate.

85 x 43 x 15 cm. 1,6 kg.

Plus on est riche, plus on pollue:

  • Les 10 % des habitants les plus riches de la planète sont responsables de plus de 50% des émissions de CO2.

  • Les 50% des habitants les plus pauvres du globe ne sont responsables que de 10 % des rejets polluants.

  • Une personne qui fait partie des 1 % les plus riches au monde génère en moyenne 175 fois plus de CO2 qu’une personne se situant dans les 10 % les plus pauvres.

  • Entre 1990 et 2015, les émissions annuelles ont augmenté de près de 60% dans le monde.

  • Dans l’UE, les plus pauvres réduisent leurs émissions, alors que celles-ci augmentent chez les 10 % les plus riches.


Source : Oxfam

https://www.oxfam.org/fr/cinq-choses-savoir-sur-les-inegalites-carbone

https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/dans-lue-seuls-les-plus-pauvres-reduisent-leurs-emissions-celles-ci-augmentent

Pensums. (je travaille, tu travailles, [...], ils se gavent)

2009

Stylo, feuille, pastel et gesso sur polystyrène et bois.

40 x 40 x 11 cm. 1,1 kg.

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Les inégalités augmentent de façon majeure depuis les années 1980 *. En cause, un renoncement politique à les limiter. Or ces inégalités sont sources de ressentiment social et d'endettement, moteurs de conflits sociaux, de crises financières et de troubles politiques.

* Depuis 1980, la croissance des revenus des 1% les plus riches a été de 300% aux États-Unis (100% en Europe), alors que les revenus des 50% les plus modestes ont augmenté de seulement 3% (37% en Europe); si bien qu'aujourd'hui les 1 % les plus riches captent 20 % du revenu national avant impôt aux États-Unis (11 % en Europe).

Sources : Note du laboratoire sur les inégalités mondiales: https://wid.world/document/european-inequality-wil-appendix-2019-en-pdf/

L'heure de ralentir.

2010

Montre, pastel et gesso sur polystyrène et bois.

80 x 40 x 10 cm. 2,1 kg.

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La croissance économique a permis de sortir des millions de personnes de la pauvreté. Et elle continue de le faire dans les pays les moins avancés.

Dans les pays les plus riches par contre, elle n'est plus corrélée à une augmentation du bien-être de sa population; elle pose même des problèmes environnementaux et psychologiques majeurs (pollutions, stress, isolement, ...).

Dans ces pays, dont la France fait partie, ralentir est non seulement indispensable, mais, moyennant une réduction des inégalités, est aussi une perspective désirable de progrès social, environnemental, et humain.

Dialogue social.

2018

Vêtements, acrylique et gesso sur polystyrène et bois.

80 x 40 x 38 cm. 2 kg.

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Salarié et employeur ne sont pas dans une relation d'égalité, de par le lien de subordination qui les relie. Le code du travail et les organisations syndicales ont notamment pour rôle de limiter ce déséquilibre.

Les réformes libérales, pensées au détriment des salariés au nom de la compétitivité, sont sources de troubles sociaux, environnementaux, psychologiques et politiques.

L'équilibre des écosystèmes, menacé par l'activité humaine.

2018

Puzzle, feutre et jouets sur bois.

77 x 30 x 8 cm. 1,5 kg.

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En moins de 50 ans, notre planète a perdu 68 % de ses vertébrés sauvages. En cause, la destruction de leurs habitats (avec la déforestation, la monoculture intensive, l'urbanisation, la fragmentation des espaces, aujourd'hui, moins de 20 % des terres sont vierges d’activité humaine), la chasse et la surpêche, le changement climatique, la pollution, et les espèces exotiques envahissantes.

Sources : https://www.wwf.fr/rapport-planete-vivante.

La séparation entre nature et société humaine.

2013

Acrylique et gesso sur polystyrène et bois.

80 x 40 x 28 cm. 3,2 kg.

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La Nature, ça n'existe pas. Ce concept de dualité Humain-Nature a été inventé par notre société. Il laisse croire à l'Homme qu'il peut s'abstraire de la Nature et l'exploiter jusqu'à épuisement. En réalité, nous sommes inclus dans la Nature.

Il est donc plutôt préférable de parler d'"Environnement", car ce mot désigne la relation qui existe entre la Nature et la société qui l'habite. Mais ce terme souffre aussi d'anthropocentrisme, dans le sens où il désigne ce qui nous entoure, pensé à partir de nous, et extérieur à nous; non d'une réalité à laquelle nous appartenons entièrement.

Le terme de "Création", même si teinté de religiosité, permet, lui, de décentrer l'Homme, en le plaçant créature parmi les autres créatures; il abolit la séparation artificielle entre les humains et les autres êtres vivants, sans pour autant impliquer une égalité ou une indistinction entre les êtres, contrairement à l'écocentrisme. En effet dans la Création, l'Homme est l'être corporel le plus élevé du fait de sa conscience, mais aussi l'être spirituel le moins élevé, car inférieur au Créateur. Ce concept invite à la sagesse et à l'humilité.

Mais finalement, utiliser le terme de "Vivant" semble le plus adéquat. En complément des avantages du concept de "Création", il suggère une certaine fragilité, une interdépendance, un côté miraculeux, une préciosité et une rareté à l'échelle de l'univers.

La chasse à court d'avenir.

2019

Cartouches de chasse et acrylique sur bois.

102 x 28 x 6 cm. 1,7 kg.

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Seulement 4% des mammifères sur Terre sont des animaux sauvages. 70% des oiseaux sur Terre sont de la volaille d’élevage. L'avènement de la civilisation humaine a été suivi par la disparition de 83% des mammifères sauvages et de 50% des plantes. Et ce déclin s’est accentué dramatiquement au XXème siècle, les scientifiques estimant que près de la moitié des animaux sauvages a disparu au cours des 40 dernières années.

L'abolition de la chasse aurait pour effet immédiat de relâcher l'intense pression démographique qui s'exerce indûment sur les animaux sauvages, souvent menacés d'extinction. Pour la quasi totalité des espèces chassées, l'effet de cette abolition serait sans conséquences négatives pour la société humaine, et bénéfique pour eux. Il y aurait alors à gérer la faible minorité restante: quelques grands ongulés (sangliers, chevreuils et cerfs), quand ils peuvent commettre des dégâts dans les cultures ou les plantations forestières.

Sources : "The biomass distribution on Earth", Ron Milo, Académie des sciences des États-Unis. https://www.pnas.org/content/115/25/6506

Servir la biodiversité. Interdire la chasse. Gérer la cohabitation avec le sauvage.

2019

Cartouches de chasse et acrylique sur bois.

122 x 26 x 6 cm. 2 kg.

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Dans l'inconscient collectif, la chasse se justifie par l'existence d'espèces nuisibles à l'agriculture : sanglier, cerf, chevreuil. Or cette nuisance n'est pas un problème de pullulation de la faune sauvage, mais un problème d'interaction entre une activité humaine et l'environnement dans lequel elle se fait.

Des techniques plus fines que l'abattage pourraient être envisagées :

  • au niveau de la gestion de la population : réintroduction des prédateurs de ces espèces (loup, lynx, ours), stérilisation (la fertilité des sangliers est notamment élevée, due à l'agrainage en forêt, et à leurs croisements avec des cochons, à l'initiative de chasseurs dans les années 1980).

  • au niveau de la gestion de leurs habitats, en favorisant l'émergence de forêts sauvages nourricières pour fixer les populations (le système digestif du chevreuil, par exemple, digérait peu ou mal les cultures des champs il y a encore quelques décennies, mais ils ont modifié leurs comportements par manque de choix nutritionnel).

  • au niveau de la gestion des zones d'exclusion de leur présence (cultures, routes, villes, ...), en isolant ces zones par rapport aux forêts, ou en utilisant des techniques d'effarouchement. Peu de recherche a été faite jusqu'à présent dans ce domaine.

Et si abattage il devait y avoir ponctuellement, il pourrait être effectué par un office professionnel, et non plus dans le cadre d'une activité de loisir.